quinta-feira, 8 de dezembro de 2011

Les 300


Vous connaissez ce film, bien sûr. Je me revois à La Haye, sur une esplanade devant un grand cinéma ; il y avait ces affiches, grandes elles aussi, avec des couleurs très vives et contrastées, agressives, et je me suis dit que le style, la communication de ce film ne convenait pas à l'histoire, que c'était une drôle d'idée de le présenter ainsi.

Et puis je l'ai vu quelques mois plus tard, et j'ai aimé ! Oh, je ne suis pas sûre qu'il soit fidèle à la réalité... mais le côté décalé, la BD animée, la bonne utilisation des effets spéciaux, tout ça m'a plu. J'ai particulièrement apprécié la scène du rhinocéros, avec ce guerrier qui se prépare à lancer son javelot, la puissance, la posture... cette image-là me fait penser à un vase étrusque, grec, sparte, où les jeux et les guerres sont racontés.

Quant à Gerard Butler, avouez... il a une bonne tête ! Et admirez le travail du casting, ce type qui dans d'autres rôles peut passer pour monsieur tout le monde colle ici à un personnage fort, un héros, un caractère entier. Mais comment font-ils donc pour deviner sur une photo qu'un acteur peut devenir si différent ? Ça me laisse perplexe.

Pour en revenir à cette allure, cette ligne épurée des armes, le lien s'est fait tout naturellement entre des boutons que j'avais acheté à La maison dorée, magasin de tissus à Bruxelles, et quelques pelotes, qui, elles, avaient été trouvées au Luxembourg. Une frise grecque, des couleurs masculines, il n'en fallait pas plus pour transformer un petit garçon de 9 mois en supporter de Sparte. Sans éveiller en lui un instinct bagarreur, j'espère !

This is Spartaaaaa !

MJT

sábado, 3 de dezembro de 2011

Et le robot écrivait...


Il écrivait, le robot, sans trêve ni relâche, mais justement à Trêves !

Il est sur la place devant la cathédrale, enfermé dans une cage de verre, il recopie la bible sur un grand rouleau de papier, patiemment, et surtout de façon manuscrite. On l'a installé là en mai dernier, en lui disant qu'il n'en ressortirait pas avant d'avoir terminé. Il sait dès à présent qu'on lui rendra sa liberté de robot en mars 2012, mais il préfère ne pas y penser, et il gratte, il gratte... Il ne va pas bien vite, il s'applique, il peaufine les pleins et les déliés, il fait en sorte que son texte soit justifié, et quand il arrive en bas d'une page, il ne bouge pas, le papier se déroule devant lui et il continue. Les lettrines lui prennent plus de temps, bien sûr, mais comme c'est un robot consciencieux il trace et retrace avec sa plume pour arriver à un résultat parfait. Il ne dort pas la nuit, il passe tous ses week-ends à ses travaux d'écriture, sans sourciller, sans se plaindre, égal à lui-même.

Bon courage, ami robot, la route est longue mais pas de fantaisie à la Kérouac, je t'ai regardé, je t'admire et je reviendrai te voir quand tu seras à la dernière ligne de la dernière page, quand tu étendras ton bras orange et pousseras un long soupir d'aise. Je crois bien que je t'applaudirai !

MJT

terça-feira, 22 de novembro de 2011

Il est une fois...


… ou plus exactement je devrais dire «elle est une fois», car ce conte de fées qui se situe dans le présent est au féminin.

Je vais vous parler de quelqu'un que je ne connais pas. Il s'agit de Mathilde qui vit dans une bien jolie ville, Dijon, et qui portera bientôt un pull.
Jusque là, rien que de très ordinaire.
Oui, mais je suis passée par là, ou plus exactement j'ai la chance d'apporter mes quelques lignes à cette histoire de tous les jours.

Ecoute plutôt, Mathilde : il faisait bien chaud quand je suis allée à Erfurt ce jour de printemps. D'ailleurs tes parents te le confirmeront, tout était en avance cette année-là, l'été nous avait surpris en plein mois de mai. Je me promenais dans les rues de cette drôle de ville, avec son drôle de pont couvert. J'avais peiné dans les escaliers qui mènent à la cathédrale, et je n'avais pas eu le courage de suivre le petit chemin derrière, d'où pourtant j'aurais eu une vue magnifique sur la place du marché et sur les toits des vieilles maisons. Mais quand j'avais vu cette enseigne de magasin de laines... je n'avais pas hésité ! On ne se refait pas. J'en suis ressortie avec des pelotes bleu nuit, et avec une vague idée de ce que je pourrais en faire.

Ensuite, hé bien je suis revenue chez moi et comme d'habitude j'ai imaginé. J'ai imaginé que je pourrais poser sur cette nuit des chouettes, que j'avais rencontrées (ou presque) sur le marché d'artisanat de Ligny en Barrois (c'est une autre histoire, qui date déjà de plusieurs années), et que la lune y serait aussi, un croissant comme on les aime, ceux qui nous parlent de la forêt, du mystère, des bruits des animaux, mais que le matin viendrait bientôt, qu'il arriverait doucement du bout de la manche, et que le jour qu'il amenait serait... inoubliable, au moins !

Je te souhaite une bonne journée, Mathilde, une de tes premières. Profite du jour, aime la nuit, et que les petits bruits des chouettes et des autres animaux bercent ton esprit, que tes rêves soient riches, que ton imagination s'éveille et que tes yeux voient tout, et le reste aussi.

MJT