terça-feira, 13 de dezembro de 2011

Les couleurs sont-elles...


… sages ? Les couleurs sont-elles douces, neutres, obéissantes, apaisantes ?

Parfois oui. Parfois il y a une logique, un chemin tranquille, une réponse à l'attente, un rythme. Comme en musique classique, quand on dit que l'accord suivant ne pourrait pas être remplacé par un autre, et que cette modération vous apporte le plaisir attendu.

Parfois.

Et on en est bien content parce qu'on est apaisé, parce que ce sera facile à porter, parce que l'œil y trouve son compte mais sans désarroi. Tout va bien, la situation est maîtrisée.

Et puis un jour on les place les unes à côté des autres, et on est surpris. Il y avait du parme, parce que la pelote qui a servi de base en jetait de petits éclairs tendres. Il y avait du jaune un peu fade, et là aussi tout se passait bien. En fait, une légère mélancolie aurait pu survenir ; un peu de bleu sombre dramatisait l'écharpe au bon moment, quant à ce rose qui tendait vers le mauve, ça promettait de bonnes sensations. Douceur et gaieté, jeunesse...

Et les rayures sont arrivées. Parme et jaune ; hm, déstabilisant, inhabituel. Etait-ce seulement une bonne idée, n'y aurait-il pas de remords ? Là-dessus le rose et l'orange ont suivi, et là... j'ai su que je les utiliserais à nouveau, j'ai vu des pulls enfantins avec un côté déraisonnable et l'autre sagement strié de blanc et noir. Elles me disaient «encore, encore !», je les ai nettement entendues. J'ai essayé de me calmer, tout de même, avec du rouge sombre et du parme, mais je savais bien qu'ensuite il faudrait à nouveau une touche de dissipation. Le jaune et l'orange se sont rapprochées des aiguilles, et je n'avais plus qu'à leur obéir. Un peu de bleu pour me faire pardonner, car je suis bien élevée, et l'écharpe était finie.

Si la vie et une grande aventure, Chloé, c'est peut-être parce qu'elle est remplie de petits vagabondages, non ?

Je te souhaite un hiver au chaud et un esprit fantaisiste.

MJT

quinta-feira, 8 de dezembro de 2011

Les 300


Vous connaissez ce film, bien sûr. Je me revois à La Haye, sur une esplanade devant un grand cinéma ; il y avait ces affiches, grandes elles aussi, avec des couleurs très vives et contrastées, agressives, et je me suis dit que le style, la communication de ce film ne convenait pas à l'histoire, que c'était une drôle d'idée de le présenter ainsi.

Et puis je l'ai vu quelques mois plus tard, et j'ai aimé ! Oh, je ne suis pas sûre qu'il soit fidèle à la réalité... mais le côté décalé, la BD animée, la bonne utilisation des effets spéciaux, tout ça m'a plu. J'ai particulièrement apprécié la scène du rhinocéros, avec ce guerrier qui se prépare à lancer son javelot, la puissance, la posture... cette image-là me fait penser à un vase étrusque, grec, sparte, où les jeux et les guerres sont racontés.

Quant à Gerard Butler, avouez... il a une bonne tête ! Et admirez le travail du casting, ce type qui dans d'autres rôles peut passer pour monsieur tout le monde colle ici à un personnage fort, un héros, un caractère entier. Mais comment font-ils donc pour deviner sur une photo qu'un acteur peut devenir si différent ? Ça me laisse perplexe.

Pour en revenir à cette allure, cette ligne épurée des armes, le lien s'est fait tout naturellement entre des boutons que j'avais acheté à La maison dorée, magasin de tissus à Bruxelles, et quelques pelotes, qui, elles, avaient été trouvées au Luxembourg. Une frise grecque, des couleurs masculines, il n'en fallait pas plus pour transformer un petit garçon de 9 mois en supporter de Sparte. Sans éveiller en lui un instinct bagarreur, j'espère !

This is Spartaaaaa !

MJT

sábado, 3 de dezembro de 2011

Et le robot écrivait...


Il écrivait, le robot, sans trêve ni relâche, mais justement à Trêves !

Il est sur la place devant la cathédrale, enfermé dans une cage de verre, il recopie la bible sur un grand rouleau de papier, patiemment, et surtout de façon manuscrite. On l'a installé là en mai dernier, en lui disant qu'il n'en ressortirait pas avant d'avoir terminé. Il sait dès à présent qu'on lui rendra sa liberté de robot en mars 2012, mais il préfère ne pas y penser, et il gratte, il gratte... Il ne va pas bien vite, il s'applique, il peaufine les pleins et les déliés, il fait en sorte que son texte soit justifié, et quand il arrive en bas d'une page, il ne bouge pas, le papier se déroule devant lui et il continue. Les lettrines lui prennent plus de temps, bien sûr, mais comme c'est un robot consciencieux il trace et retrace avec sa plume pour arriver à un résultat parfait. Il ne dort pas la nuit, il passe tous ses week-ends à ses travaux d'écriture, sans sourciller, sans se plaindre, égal à lui-même.

Bon courage, ami robot, la route est longue mais pas de fantaisie à la Kérouac, je t'ai regardé, je t'admire et je reviendrai te voir quand tu seras à la dernière ligne de la dernière page, quand tu étendras ton bras orange et pousseras un long soupir d'aise. Je crois bien que je t'applaudirai !

MJT